Situation dans les centres Fedasil : Ecolo demande des mesures sanitaires, de la transparence et de la solidarité

Il y a quelques jours, la CGSP tirait la sonnette d’alarme concernant la situation des centres Fedasil en rapportant des incidents dans le centre de Jodoigne.  Avec 450 résidents, le centre de demandeurs d’asile situé en Brabant wallon est l’un des plus importants de la région. Comme ailleurs dans ces structures fédérales, la crise du Coronavirus et ses conséquences viennent se superposer à une crise de l’accueil déjà existante, provoquée par les choix politiques du passé. Aujourd’hui, Ecolo veut apporter des solutions et appelle à la mobilisation de tous les acteurs partenaires.

L’appel à la distanciation sociale résonne comme une recommandation assez cynique dans les centres Fedasil. Normal, avec un taux d’occupation de 97 % et des chambres bondées, les centres sont en incapacité de respecter l’une des mesures pourtant fondamentales de la lutte contre la pandémie.

Avant la crise, avec respectivement 101 et 120 % d’occupation, les centres Fedasil de Jodoigne et Rixensart étaient déjà dans une situation tendue, voire préoccupante. Aujourd’hui, ces taux d’occupation sont particulièrement inquiétants. Simon Moutquin, député fédéral Ecolo du Brabant wallon s’inquiète pour les résidents «  Parfois la promiscuité est imposée dans des chambres trop remplies ou des couloirs de 1,2 m de largeur où les résidents n’ont pas d’autres choix que de se croiser. Les écoles sont fermées et toutes les activités  « non essentielles » éducatives, sociales ou sportives sont suspendues. Le confinement dans de tels centres de centaines de personnes, parfois en attente depuis près de 2 ans, est une source de tension compréhensible ».

Avec la réouverture, souhaitée, des enregistrements à l’Office des étrangers et sans la mise en place rapide de nouveaux centres, la situation va s’aggraver pour les résidents, mais aussi pour le personnel.  « Le personnel des centres est mis sous tension permanente; sans équipement adéquat, les employés Fedasil se rendent chaque matin sur leur lieu de travail la peur au ventre de contaminer des résidents ou d’être contaminés. Ici aussi, afin de protéger le personnel et les résidents, des dépistages doivent urgemment se mettre en place » insiste Simon Moutquin.

S’il faut reconnaître que la situation est complexe et que les responsabilités sont multiples,  les autorités fédérales et la Ministre en charge de l’asile et de la migration ne peuvent se résigner à la fatalité.  « On le sait, la situation catastrophique des centres Fedasil est l’un des nombreux héritages de la NVA; la crise de l’accueil en Belgique est la conséquence de mesures de rétrécissements des services d’asile pris par Théo Francken. Mais aujourd’hui, des solutions existent, leur mise en place sera possible grâce une transparence de Fedasil sur la situation de chaque centre afin de mobiliser les acteurs locaux concernés. Outre les solidarités citoyennes, dont celles des résidents eux-mêmes qui cousent des masques pour protéger le personnel, les écologistes appellent à davantage de soutient de et vers les communes pour la mise en place d’Initiatives locales d’accueils, véritables alternatives à la promiscuité des centres Fedasil. Le développement de nouveaux centres doit également se poursuivre, en imaginant par exemple  des partenariats avec la Région wallonne  dans ces centres Adeps ou la Défense grâce à ses casernes militaires », conclut Simon Moutquin.

Dès lors, les écologistes demandent

  • La mise en place d’améliorations sanitaires, de mesures d’hygiène adéquates et le démarrage de dépistages pour les résidents et le personnel des centres.

  • De faire baisser leur taux d’occupation afin de garantir les mesures de distensions sociales, la qualité de travail du personnel et améliorer vie confinée des résidents. Cette baisse d’occupation doit passer par de la multiplication des structures ILA et l’ouverture de nouveaux centres.

  • Une transparence de Fedasil sur les taux d’occupation afin de pouvoir trouver collectivement des solutions et activer tous les acteurs locaux.

 

Source photo : Fedasil

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