Vivaldi – Sarah Schlitz en ChefFE d’orchestre contre les discriminations

28 novembre 2020

Un gouvernement Vivaldi bien décidé à combattre les discriminations.
L’écologiste Sarah Schlitz en ChefFE d’orchestre. 

Déjà 2 mois depuis le lancement de la majorité Vivaldi. Après quelques jours d’installation, les Ministres et Secrétaires d’États ont présenté au parlement leur note de politique générale qui expose les grands chantiers des prochaines années dans leurs matières respectives.  L’occasion pour notre nouvelle Secrétaire d’État écologiste à l’égalité des chances et à la diversité, Sarah Schlitz, de poser objectivement les constats des trop nombreuses discriminations qui perdurent dans notre pays et de nous présenter ses plans d’actions pour les combattre ces prochaines années.

Avec ma collègue Députée Séverine De Laveleye, sur le volet Égalité homme/femme, et moi-même sur les questions de racisme, de personnes en situation de handicap et des droits des LGBTQIA+ nous avons décortiqué les principaux éléments de cette note pour mettre en lumière les avancées importantes.

Comme je l’ai souligné au parlement, le travail de la Secrétaire d’État s’inscrit dans un contexte doublement difficile ; celui de la libération de la parole haineuse sur les réseaux sociaux mais également de l’expression xénophobe sur les bancs du parlement, où certains députés d’extrême-droite (et de droite extrême) ne se cachent plus en osant questionner la valeur ajoutée de certaines communautés.

Ce travail est aussi rendu compliqué en raison du contexte de crise sanitaire que nous vivons actuellement et qui s’est révélée être un marqueur terrible des inégalités et des discriminations au sein de notre société.  Un racisme direct tout d’abord ; celui proféré à l’encontre des asiatiques qui au début de cette crise ont pu être assimilé à des personnes porteuses du virus, mais aussi envers des jeunes personnes racisées subissant nettement plus de contrôles durant le confinement. Comme le démontre le dernier rapport d’UNIA, le centre interfédéral pour l’égalité des chances, la Covid-19 met aussi en lumière ce que certains nommeront le « racisme structurel » de nos sociétés qui écartent et stigmatisent des pans entiers de nos populations. Dans son rapport, Unia démontre ce terrible constat  :  « Les 10 % des quartiers avec la plus forte proportion d’habitants non originaires de l’EU ont 2 X plus de risque d’être contaminé par le coronavirus ».

Par ailleurs, les attitudes discriminantes durant le confinement n’ont pas uniquement concerné les personnes racisées. Des témoignages ont montré que les personnes en situation de handicap n’ont pas été suffisamment pris en compte dans leur besoin, notamment quand des magasins interdisaient l’entrée aux accompagnateurs de personnes à mobilité réduite. Des couples de personnes homosexuelles ont aussi été interpellées pour leur non respect de la distanciation physique, comme si l’on ne pouvait concevoir que deux hommes fassent partie du même ménage. Enfin, on a constaté avec effroi l’augmentation des violences intrafamilialles contre les femmes, les jeunes et les personnes LGBTQIA+ durant les mois de confinement.

  • Égalité des genres.

Nous sommes à quelques jours de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. L’occasion de rappeler ce terrible chiffre ; depuis le début de l’année 2020, 20 féminicides ont eu lieu en Belgique.  Ce chiffre rappelle l’ampleur du travail politique qui doit être entamé, de l’inscription de ce crime dans le droit belge, à la lutte contre les propos haineux et le délit de presse sur les réseaux sociaux.
La toute première action de la secrétaire d’État a été l’élaboration d’un plan interfédéral de lutte contre les violences de genre et intrafamiliales durant la crise du Covid; dégagement de places supplémentaires dans les refuges, campagne de sensibilisation, etc.  À noter que la semaine passée, la Secrétaire d’État a annoncé la création de trois nouveaux centres de prises en charge des violences sexuelles et la volonté d’en lancer quatre autres durant la législature. Ces centres permettent aux victimes de violences sexuelles d’être accueillies dans un espace offrant une aide médicale, juridique et psychologique.  La Secrétaire d’État a rappelé durant sa présentation que 53 % des plaintes pour viols ont été classées sans suite et qu’une amélioration de l’efficacité des procédures sera étudiée avec le Ministre de la Justice.  Comme dans le reste de sa note politique, Sarah Schlitz explique l’importance d’un travail systémique, inclusif et concerté avec la société civile. Connaissant Sarah depuis de nombreuses années, je peux assurer que les militant.e.s de ces nombreux combats trouveront en elle ont leur meilleure alliée au sein du gouvernement.

  •  Racisme

La Secrétaire d’État a rappelé l’engagement pris en 2001 à la Conférence internationale de Durban de voir la Belgique se doter d’un plan interfédéral de lutte contre le racisme. 20 ans plus tard, enfin, ce gouvernement concrétisera cet engagment. Ce plan sera également consolidé par la Création d’un institut national des droits humains.

Le racisme ne se résume pas à pas un comportement individuel, encore moins à quelque chose de « naturel » comme on aimerait parfois le faire croire. Non, il repose sur des mécanismes structurels de domination, sur la persistance de stéréotypes bien ancrés trouvant leur origine dans l’histoire politique et sociale et de notre pays. Le financement de recherches académiques et de collectes de données, annoncés dans la note, est une excellente nouvelle pour apporter de véritables réponses basées sur des chiffres objectifs de discrimination.
Elle s’est également engagée à adopter et à exécuter le programme de la décennie des personnes d’ascendance africaine, mais aussi à faire appliquer les futures recommandations de la commission sur le passé colonial de la Belgique.

  •  LGBTQIA+

Trop de personnes aux orientations sexuelles diverses souffrent dans leur milieu familial, à l’école, sur la route de l’exil ou dans les représentations véhiculées parfois dans nos médias ou chez nos proches. 37 % des personnes LGBTQIA+ signalent subir des discriminations. Penser que le combat pour les droits des personnes LGBTQIA+ est gagné est une erreur. L’augmentation de l’homophobie en Europe, notamment en Pologne où des zones contres l’idéologie LGBT sont crées, est une réalité qui menace aussi notre pays.
En Belgique, les refuges, ces espaces de protection pour personnes LGBT victimes de violences intrafamiliales, se sont tous remplis ces derniers mois. L’annonce de nouvelles places dans ces refuges est accueillie avec soulagement pour les organisations œuvrant pour l’égalité.
Le plan interfédéral SOGIESC pour la communauté LGBTQI+ sera adopté, avec une centaine de mesures dans de nombreux secteurs et la participation de tous les niveaux de pouvoir et de la société civile, avec une attention particulière pour les groupes les plus vulnérables.

  • Personnes en situation de handicap

Le rapport annuel de Unia montre que les signalements concernant les discriminations liées au handicap se classent en seconde position (1286 signalements en 2019), immédiatement après le racisme. Souvent moins visibles dans les médias et dans les discours politiques, ces discriminations sont pourtant une réalité inadmissible qui doivent être combattues.
La secrétaire d’État s’est engagée à renforcer l’approche globale du handicap par le gouvernement (handistreaming) dont l’objectif est d’aboutir à une politique coordonnée et systémique.
Un Plan transversal d’accessibilité universelle pour nos concitoyen·ne·s en situation de handicap, en vue de rendre les services, les infrastructures, le transports publics et le logement 100% accessible pour tou·te·s.
Soulignons que pour la première fois dans l’histoire du Parlement, une secrétaire d’État a fait traduire en langue des signes son intervention. Elle a ainsi montré la voie à la Chambre qui annonce désormais qu’elle en fera de même.

Voici les mots de conclusion que j’ai adressé à notre secrétaire d’État à l’Égalité des chances.

Aujourd’hui, il est plus que temps de s’opposer aux fléaux des discriminations. Ne plus se contenter de politiques qui “ne sont pas racistes“ mais assumer des politiques ANTI-racistes, celles qui acceptent que notre société a été construite autour de privilèges, qui ne doivent pas tous être enlevé à ses bénéficiaires, mais qu’il est temps de permettre à toutes et tous.

À l’heure où le racisme,  l’homophobie, la lesbophobie,  la transphobie,  l’antisémisitme,  l’islamophobie,  la grossophobie montent avec comme point commun de naître de la peur, du rejet ou du refus de la différence.
À l’heure des réactionnaires, qu’ils soient de l’extrême-droite ou de la droite extrême.
À l’heure, où le fait que je marche dans la rue avec l’homme que j’aime recommence à poser problème à certains.
Votre mission, c’est bien de réaffirmer nos volontés de vivre ensemble.
Votre mission, c’est peut-être de permettre à chaque individu de se sentir “normal“, ou plutôt, de permettre à la société d’accepter que la normalité est multiple.

 

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