Deliveroo à Louvain-la-Neuve, le goût amer de la précarité!

Quelques mois après s’être implanté à Nivelles et Waterloo, Deliveroo poursuit sa conquête du Brabant Wallon avec le lancement de sa plateforme dans la ville de Louvain-la-Neuve. Pour Ecolo Brabant Wallon et le député fédéral Simon Moutquin, la nouvelle n’est pas aussi réjouissante que l’on pourrait le croire puisque ce modèle économique de la livraison de repas à domicile, également adopté par Uber eats, repose sur un système qui exploite la disponibilité de travailleurs précaires.

L’ annonce est accueillie avec une certaine satisfaction par plusieurs restaurateurs (principalement par les grandes chaînes de fast food) et les clients de ce type de service. Quant aux étudiants, souvent privés de jobs en ces temps de COVID, l’arrivée de Deliveroo dans la cité estudiantine constitue une opportunité de gagner un peu d’argent. « Le tableau s’assombrit pourtant nettement dès que l’on se penche sur le sort inquiétant des travailleurs », insiste Simon Moutiquin, député fédéral.

Rebaptisés “collaborateurs”, ces travailleurs sous ce type de statut sont exclus des dispositions protectrices prévues dans un contrat de travail salarié ( accès aux allocations de chômage, congés payés, protection sociale, protection juridique contre les licenciements abusifs…) « Il s’agit pourtant d’un travail difficile qui implique souvent la prise de risques sur la route pour maximiser le nombre de livraisons en un minimum de temps. Les « collaborateurs » sont uniquement payés pour les livraisons qu’ils effectuent : pas de livraisons, pas de bonbons ».

Dans une ville comme Louvain-la-Neuve, où la précarité étudiante est en hausse, Deliveroo n’a donc pas eu de mal à recruter rapidement de nouveaux “collaborateurs”. « Un signal qui doit nous faire prendre conscience de deux choses, poursuit Coralie Vial, coprésidente régionale : d’une part l’importance d’assurer une éducation accessible à toutes et tous sans être obligé.es d’accepter des emplois précaires pour financer des études et, d’autre part, la nécessité de garantir des conditions de travail étudiant qui protègent de la précarité. L’action menée par la FEF – Fédération des Etudiant.e.s Francophones depuis hier pour sensibiliser sur la précarité étudiante mérite notre soutien! »

Heureusement, il devient de plus en plus difficile pour ces plateformes d’expliquer qu’il n’existe aucun lien de subordination entre elles et leurs livreurs. Depuis plusieurs mois, ce modèle semble craquer un peu partout dans le monde grâce à plusieurs décisions de justice qui exigent de requalifier ces “collaborateurs indépendants” en travailleurs salariés.

La plateforme Just eat, en France, s’adapte déjà et engage ses livreurs en CDI.

« Le groupe Ecolo-Groen s’engage depuis longtemps pour transformer leur statut en travailleurs salariés. Quand cette condition sera remplie chez nous aussi, les repas livrés au pas de notre porte n’en seront que plus savoureux ! », conclut Simon Moutquin

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