Rétrospective 2021

2021 est terminée et nous nous lançons dans une nouvelle année pleine d’espoirs. 
L’espoir de nous sortir enfin de cette crise
L’espoir d’un horizon plus solidaire, plus vert et plus démocratique.  

Pour marquer le début de cette nouvelle année, voici une petite rétrospective de quelques moments forts de mon travail en 2021. Être parlementaire, c’est quasi 365 actions, rencontres, réunions, manifestations ou interpellations par an. Ces moments choisis n’en sont qu’un aperçu d’un travail passionnant. 

2021 a été une année vibrante et passionnante de travail parlementaire, de rencontre et d’écoute. Il y a maintenant 2 ans et demi, je commençais cette vie politique avec l’ambition de guider mon travail parlementaire dans ce qui avait toujours été la base de mon engagement, s’engager pour celles et ceux d’ici, d’ailleurs, d’aujourd’hui et de demain. Des désillusions, de la complexité, parfois du désespoir m’ont souvent traversés, comme finalement dans n’importe quel autre engagement professionnel ou personnel. Mais si j’ai appris une chose durant ces premières années de mandat, c’est que l’engagement reprend toujours du sens quand il se nourrit de nos utopies et du monde de demain pour lequel nous devons nous battre.

Je souhaite que 2022 soit pleine d’espoirs et d’utopies pour vous et vos proches.

Merci à chacun et chacune d’entre vous pour vos soutiens, vos messages, votre motivation.

Bonne année à toutes et tous !

Janvier

Le 18 janvier, je participais à une table-ronde organisée conjointement par l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe et le Comité des Régions autour de « la démocratie comme outil de lutte contre les changements climatiques ».

Pour rappel, le Conseil de l’Europe est l’institution du continent européen (pas de l’Union européenne) qui traite des droits fondamentaux, de la démocratie et de l’Etat de droit. J’y siège avec 13 autres députés ou sénateurs belges parmi 380 mandataires des 47 pays de l’Europe.

Durant cette réunion, j’ai eu l’occasion de présenter pour la première fois mon rapport sur le droit à un environnement sain. Il m’avait été confié quelques mois auparavant par la commission des questions sociales, de santé et de développement durable de l’Assemblée. Plus concrètement, ce rapport a pour but de protéger juridiquement les citoyens européens des préjudices environnementaux qu’ils peuvent subir, et ce en demandant au Conseil de l’Europe d’intégrer le droit à un environnement sain dans ses textes fondateurs.

Février

Le 5 février, à la veille de la journée internationale contre les mutilations génitales féminines, j’ai rencontré des représentantes du GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines).

Elles m’ont expliqué la situation particulièrement problématique de la politique d’asile belge pour les parents d’enfants victimes de mutilations génitales féminines. Si les jeunes femmes reçoivent rapidement un titre de séjour, leurs parents/mères ne se voient pas automatiquement octroyer un droit séjour. Ils ou elles doivent faire appel à une régularisation 9bis, couteuse, longue et incertaine.

À la suite de cet entretien, j’ai questionné en commission le Secrétaire d’État sur l’urgence d’agir pour combler le vide législatif et permettre une reconnaissance plus rapide d’un titre de séjour pour ces personnes.

La Secrétaire d’État à l’égalité des chances Sarah Schlitz et le Secrétaire d’État à l’Asile et la migration Sammy Mahdi vont modifier la loi, ce qui est donc une bonne nouvelle !

La question des discriminations chez les personnes migrantes est pour moi une priorité. Durant les prochains mois, je continuerai à défendre une autre politique migratoire qui prend aussi en compte des réalités médicales (par exemple les personnes atteintes de drépanocytose), d’orientation sexuelle  (la mise en place de centre pour personnes LGBT) ainsi que de genre (la protection des femmes dans les centres Fedasil, la possibilité de déposer plainte pour violence pour une femme sans-papiers, etc)

Mars

Au début du mois de mars, David Polfiet, un homme homosexuel, a été tué à Beveren lors d’une agression homophobe.

À l’appel de la RainbowHouse Brussels, nous nous sommes rassemblé. e. s le 13 mars pour exprimer notre solidarité envers toute la communauté LGBTQIA+ et lancer un cri d’alerte pour ne pas relâcher le combat contre l’homophobie.

La lutte contre l’homophobie passera par des actes concrets : des soutiens aux associations de terrain et notamment aux refuges qui accueillent les personnes LGBTQI+, des formations des policiers qui leur permette d’accueillir des situations de détresse… et d’autres mesures qui sont dans de bonnes mains, celles d’une alliée des causes LGBTQIA+ depuis des années et aujourd’hui Secrétaire d’État à l’Égalité des chances et à la Diversité, Sarah Schlitz !

Depuis le début de mon mandat, je porte le combat pour les droits de personnes LGTBQIA+ au Parlement. Interdire les thérapies de conversion, modifier le cadre légal, discriminant, pour le don de sang, faire connaitre la réalité des personnes intersexuées sont parmi les quelques dossiers que je porterai en 2022.

Avril

WeAreBelgiumToo, la campagne en faveur d’une régularisation des sans-papiers, était de passage le 22 avril à Ottignies.

Julie Chantry, Bourgmestre d’Ottignies Louvain-La-Neuve, et moi-même, étions présents pour marquer notre soutien à la campagne et surtout aux dizaines de milliers de personnes sans-papiers qui vivent avec nous.

Durant toute l’année 2021, la question de la régularisation des sans-papiers nous a beaucoup occupés avec le groupe Ecolo/Groen. Avant la grève de la faim entamée en juillet par 470 sans-papiers,  j’ai essayé depuis le début de mon mandat d’imposer le débat politique au Parlement  sur ces personnes des sans-papiers par exemple à travers l’accès à la vaccination, à l’aide médicale d’urgence, via la question de l’exploitation économique, des travailleuses du sexe sans-papiers, des occupations légitimes, etc.  Pas besoin de nier que nous sommes face à un mur au Parlement fédéral sur cette question. Ce déni est certainement l’une des raisons qui amèneront ces dizaines de personnes à passer à un mode d’expression plus polémique pour attirer le regard de celles et ceux qui le détournaient.  

Des dizaines d’associations, de syndicats, parfois d’entreprises aussi, appellent à cette régularisation. C’est d’ailleurs une action organisée par le MOC/CSC que nous soutenions avec Julie ce jour-là.

Aujourd’hui, une loi citoyenne peut être signée pour soutenir une procédure de régularisation plus juste et humaine 

Mai

Bien que cela soit interdit, il n’est pas rare que le profilage ethnique soit utilisé par la police belge. De nombreuses organisations de la société civile ainsi que des policiers eux-mêmes en attestent.

Ce profilage ethnique consiste en une intervention policière biaisée basée uniquement sur des signes extérieurs (origine ethnique, religion, nationalité,…) sans justification raisonnable ni objective et qui viole le principe d’égalité des citoyens devant la loi. Cette pratique alimente le sentiment d’exclusion et d’insécurité chez les personnes discriminées et peut laisser des traumas.

Avec le groupe Ecolo-Groen, nous avons donc déposé une proposition de loi visant à instaurer une obligation d’enregistrement et de motivation lors des contrôles d’identité !

Juin

Le 14 juin, j’ai eu l’immense plaisir d’organiser un webinaire interactif avec Inès Abdel Razek, directrice du plaidoyer pour l’Institut Palestinien de Diplomatie Publique, une ONG palestinienne indépendante. Inès et moi sommes revenus sur les causes de l’escalade de violence qui avait eu lieu au mois de mai, mais surtout sur la violence quotidienne vécue par celles et ceux qui vivent sous annexion depuis 1967.

Dans la lignée de cet échange, j’ai déposé au Parlement avec mes collègues écologistes une résolution visant à renforcer l’action de la Belgique en faveur d’une paix juste et durable au Proche-Orient !

Mon premier voyage en Palestine, c’était il y a 15 ans. Depuis, j’ai fait de ce combat une priorité dans mon parcours militant et je continue depuis le début de mon mandat à porter l’espoir d’une paix juste et durable au Proche-Orient.  Même si les avancées sont encore trop faible vu la situation, une résolution votée en 2020 a été la première en Europe à parler clairement de sanctions contre le gouvernement israélien. Nous avançons donc dans l’interdiction des produits des colonies et parlons ouvertement de politique d’apartheid pour qualifier la réalité exercée par Israël sur les Palestiniens.  Au regard des nombreuses remontrances diplomatiques qu’Israël a infligées à la Belgique depuis que les verts sont au gouvernement, je me dis que nous sommes sur la bonne voie.  

Juillet

En juin, la Hongrie a adopté une loi disposant que plus aucune référence aux personnes LGBTQIA+ ne pourra être faite dans des lieux où des mineurs pourraient être présents. Concrètement, cela signifie que l’homosexualité et le changement de sexe ne peuvent être « promus » et que l’éducation sexuelle ne peut être donnée que par certaines organisations agréées. En outre, les livres et les films dans lesquels interviennent des personnages LGBTQIA+ ne peuvent être mis à la disposition de mineurs.

Se battre pour les droits LGBT en Hongrie, c’était aussi se battre contre le rejet de toutes différences , rejet présent chez nous aussi avec un Vlaams Belang qui ne cesse de monter. Avec mes collègues écologistes Samuel Cogolati et Wouter De Vriendt, nous avons donc déposé au Parlement une résolution demandant de prendre des mesures contre la Hongrie !

Étant en charge au Parlement des matières liées aux droits de personnes LGBT, j’attache une grande importance dans mon travail à défendre ces droits aussi en dehors de notre petite Belgique.

Photo : ALEXANDER HASSENSTEIN / GETTY IMAGES via AFP

Août

Août a été marqué par la chute du gouvernement afghan et la prise du pouvoir des talibans après 20 ans de fiasco militaire, diplomatique et surtout humain.

Avec les craintes des retours des persécutions (qui se vérifient aujourd’hui) contre les femmes, les personnes LGBTQIA+ ou encore les minorités ethniques, la communauté internationale semble faire fi de ses responsabilités morales dans les conséquences du retour des talibans au pouvoir. Des opérations de sauvetage ont cependant été mises en place, permettant d’évacuer des milliers de personnes , y compris des Afghans qui ont aidé les Occidentaux pendant des années.

Au Parlement et avec le travail de Georges Gilkinet, vice-premier Ecolo de ce gouvernement, nous avons fait suspendre les expulsions vers l’Afghanistan et les semaines qui ont suivi nous ont permis de défendre le maintien de voies sûres et légales de migration pour les milliers d’Afghan.ne. s qui désiraient fuir le pays. Le fiasco syrien ne peut être reproduit, et il s’agira ces prochains mois de forcer les gouvernements européens, dont le nôtre, à accueillir les réfugiés afghans, conséquence de « notre » guerre de plus de 20 ans. 

Septembre

Je vous parlais sous la rubrique de janvier de mon rapport sur le droit à l’environnement sain au Conseil de l’Europe. Et bien, le 29 septembre, il a été voté à l’unanimité !

C’est une grande victoire pour la justice environnementale en Europe. En effet, le rapport trace un chemin visant à inscrire enfin le droit à un environnement sain aux côtés des autres droits fondamentaux déjà reconnus et protégés par la Cour européenne des droits de l’Homme.

Si le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, qui effectue le suivi des recommandations de l’Assemblée, adopte le rapport, les citoyens et ONG de toute l’Europe pourront bientôt se défendre en cas de dommages causés à leur environnement ! Mon travail en 2022 consistera à m’assurer du suivi de ce rapport, convaincre les gouvernements réticents et continuer à porter l’inscription du droit à un environnement sain dans les juridictions européennes.

Pour lire le rapport au complet, c’est par ici. Pour une vidéo explicative sur le Conseil de l’Europe et sur le rapport, c’est respectivement par ici et ici. Vous pouvez également retrouver mes interviews dans La Libre, La Reppublica et à la Mediabox du Conseil de l’Europe.

Octobre

En octobre, les premières décisions concernant le traitement des dossiers des sans-papiers en grève de la faim tombent. Elles ne correspondent pas aux « lignes directrices » tracées par le Secrétaire d’État à l’Asile et la migration, l’Office des étrangers, chargé d’analyser les dossiers, et les représentants des sans-papiers.

Des auditions des protagonistes de l’accord sont programmées pour décembre et une nouvelle fois, nous nous sentons isolés au gouvernement pour faire respecter la dignité des personnes sans-papiers. Nous savons que le combat pour une régularisation des personnes sans titre de séjour sera d’autant plus polarisé que les partis d’opposition néerlandophones structurent la moindre souplesse du Secrétaire d’État. Mais cela ne démobilisera pas le groupe Ecolo/Groen durant le reste de la législature pour parvenir à un consensus sur la nécessité de critères clairs et transparents dans le traitement des régularisations de sans-papiers.

Ce mois d’octobre, nous publiions également avec mes collègues députés européens Philippe Lamberts et Saskia Bricmont ainsi qu’avec le chercheur François Gemmene, une carte blanche comparant la politique européenne à la série coréenne Squid Game.

Novembre

Vous vous en doutiez, en début novembre, j’étais à la COP26 à Glasgow avec ma collègue écologiste Séverine de Laveleye pour sensibiliser sur le droit à un environnement sain ! Et il semblerait que cela ait plutôt bien marché, puisque ce principe fondamental se retrouve dans l’accord final du sommet international.

De retour en Belgique, j’ai été invité à intervenir dans des écoles autour de l’engagement politique pour le climat, pour la migration et pour les autres causes qui me sont chères. Ces moments de  débats/rencontres, sans enjeux électoraux, sont certainement les espaces de dialogues les plus précieux dans la vie d’un parlementaire ; ils nous rappellent le besoin d’une meilleure connexion entre décisions politiques et citoyen.ne. s, la nécessité de s’arrêter de parler, et d’écouter. 

En 2022, je souhaite multiplier ces espaces de rencontres, au Parlement, dans les écoles, mais aussi avec des jeunes en dehors des parcours « traditionnels », en décrochage scolaire et/ou de projets de vie. 

Décembre

Le 1er décembre, Journée internationale du sida, nous rendions hommage aux victimes du VIH ainsi qu’à toutes les personnes impliquées dans la riposte au virus depuis son apparition il y a 40 ans.

L’épidémie de VIH est toujours en cours et la crise du coronavirus a empiré la situation dans certaines régions. De plus, en Belgique et ailleurs, les inégalités restent un obstacle majeurs à l’enrayage de l’épidémie.

Ainsi, j’ai déposé ce jour-même au Parlement une résolution visant à accélérer nos efforts pour mettre fin au VIH ici et partout dans le monde, et pour s’attaquer aux inégalités qui sont liées à la maladie.

Pour plus d’informations, vous pouvez trouver mon intervention en plénière sur ce sujet par ici, ainsi qu’une vidéo explicative par ici.

 

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